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Article Taos Amrouche

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Elle alliait chant, poésie et contes
Taos Amrouche, une artiste complète

Taos Amrouche, la célèbre artiste, écrivaine, compositeur et interprète de chants traditionnels, a été honorée, dans son pays, et la Maison de la culture de la ville de Béjaïa son nom. Cette femme héroïne qui a bien marqué son temps en défendant, avec amour, la culture de ses ancêtres était restée attachée à ses racines. De sa voix aux sonorités rugueuses comme la pierraille des montagnes d’Ath Abbas, dans la haute vallée de la Soummam, Taos Amrouche a toujours défendu et revendiqué, de son vivant, les traditions kabyles qu’elle n’a cessé d’exprimer à travers l’écriture, les contes lyriques et les chants. D’un charme éblouissant, symbolisant toute la pure beauté kabyle dont elle a su tirer sa fierté, cette poétesse aguerrie, connue et reconnue pour son talent et son ingéniosité de grande artiste, a œuvré inlassablement pour la promotion de la culture amazighe. L’infatigable poétesse au don inouï n’a jamais lésiné sur sa volonté quand il s’agissait de défendre sa culture, avec parfois opiniâtreté. Un engagement sans faille, étant membre fondateur, en 1966 à Paris, de l’Académie berbère. Son père, originaire du village Ighil Ali dans la wilaya de Béjaïa, a épousé une femme à la vie tourmentée et au parcours parsemé d’embûches, mais qui a su énergiquement mener un long combat au sein d’une société conservatrice qui ne l’a pas épargné. Une mère qui a connu les pires affres d’une enfance vouée à l’errance, réputée autant pour sa bravoure et sa clairvoyance, qui a terminé admirablement et tant bien que mal sa vie comme aède, laissant un roman autobiographique, écrit dans la douleur, qui a enregistré un franc succès. Le couple, qui a émigré en Tunisie, a mis au monde plusieurs enfants, dont deux seulement ont survécu (Taos et Jean). D’ailleurs, c’est à Tunis que Taos Amrouche naquit, le 4 mars 1913. Comme une fleur de jasmin émergeant par sa sublime beauté au milieu d’une flopée de roses de printemps, cette intelligente artiste, au caractère trempé, était reconnue en son temps comme un génie à la plume d’or. Cette virtuose, qui a l’art dans les gènes, a le grand mérite d’être la première femme romancière algérienne qui a publié en 1947 son premier roman Jacinthe noir. Se lançant dans une brillante et riche carrière littéraire, cette femme, qui aimait les arts, a fait briller son talent en publiant d’autres œuvres qui l’ont hissée au premier plan. Le Grain Magique, qui est un recueil de contes et de poèmes inspirés de la culture orale que lui a légué sa mère, a eu un succès fou. Ne vivant que pour la littérature, elle publia de son vivant, deux autres romans, Rue des tambourins en 1969 et L’amant imaginaire, en 1975. Et un troisième à titre posthume, Solitude ma mère, en 1995. Son charisme l’a poussé à ne rien laisser au hasard en mettant en valeur le patrimoine culturel oral laissé par sa mère. Elle se lance dans le chant et devint une chanteuse à la voix pure, lyrique et mélodieuse qui fait palpiter les cœurs de plusieurs générations et même celle d’aujourd’hui en chantant en monodie l’amour, la patrie, la misère et l’exil. Douée d’une voix exceptionnelle, aux sonorités agréables à entendre, elle interprétait jalousement des chants amazighs anciens. Une façon à elle de lutter pour la sauvegarde de la culture amazighe durant la colonisation. Les affres de la vie, marquée par un destin impitoyable qui lui a collé à la peau depuis son jeune âge, elle les chantait de façon souvent amère et désespérée. Son palmarès discographique, riche et varié, lui a valu le grand prix du disque pour son œuvre Chants de Kabylie sorti en 1967. Elle enchaîne avec Chants de procession et danses sacrées Amazighs en 1967, Chants de l’Atlas en 1971, Chants espagnols archaïques en 1972, Médiation et danses sacrées en 1974, et enfin Chants Amazighs de la meule et du berceau en 1975. Comme elle aimait se produire sur scène pour véhiculer et faire connaître la culture berbère, Taos Amrouche connut une déception en n’étant pas invitée au Festival culturel panafricain d’Alger en 1969. Néanmoins, elle a su comment prendre sa revanche en allant à l’université d’Alger chanter pour des étudiants qui l’ont placée sur le piédestal, lui reconnaissant le talent et le mérite d’une femme qui a voué sa vie pour la culture algérienne. Le parcours artistique de cette grande Dame s’était achevé à son décès le 2 avril 1976.

Mohammed Amrous

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